La Corée du Nord refuse 3 millions de vaccins Sinovac du programme Covax

Officiellement, le refus nord-coréen est motivé par le fait qu’il n’y a pas de Covid-19 dans le pays. Officieusement, Kim Jong-un attendrait un vaccin plus efficace, explique la presse internationale.

La Corée du Nord refuse 3 millions de doses de vaccins chinois Sinovac fournies par l’initiative Covax et demande qu’elles soient envoyées ailleurs, préférant poursuivre sa campagne de prévention des risques pandémiques à la nord-coréenne, rapporte le Guardian.

Kim Jong-un a insisté lors d’une réunion du Politburo jeudi sur l’importance du “renforcement de la prévention des épidémies” en ordonnant aux responsables de la mener “à notre façon”, a rapporté l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA vendredi, note le quotidien britannique.

Selon Eric Easley, professeur à l’université Ewha Womans de Séoul, “la Corée du Nord cherche probablement à recevoir des vaccins plus efficaces de la part de Covax”.

Un peu plus tôt cette semaine, la Corée du Nord avait demandé que 3 millions de doses du vaccin Sinovac, fabriqué en Chine, soient redirigées vers d’autres pays bénéficiaires de l’initiative Covax copilotée par les Nations unies. L’Unicef, en charge de ce programme destiné à garantir l’accès à la vaccination dans le monde entier, avait indiqué mardi que Pyongyang y renonçait “compte tenu de l’offre mondiale limitée de vaccins Covid-19 et de la flambée des cas dans certains pays”, rapporte le South Morning China Post.

Nul besoin d’aide

La Corée du Nord et ses 26 millions d’habitants sont pourtant “vulnérables à la maladie étant donné la sous-alimentation chronique qui, selon les Nations unies, touche plus de 40 % de la population”, rappelle le quotidien de Hong Kong. Mais le régime le plus fermé de la planète prétend toujours “ne pas avoir de Covid-19” et refuse “l’aide du monde extérieur”.

“Pyongyang avait déjà refusé les offres de vaccins AstraZeneca en raison de préoccupations concernant des effets secondaires rares”, comme l’ont révélé en juillet les services secrets sud-coréens. “Le même mois, le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré que Moscou avait proposé à plusieurs reprises de fournir ses propres vaccins”, mais que le régime nord-coréen “n’a encore donné aucun signe qu’il acceptait l’aide de son allié de la guerre froide”.

“Le régime de Kim Jong-un n’a signalé aucun cas confirmé de Covid-19 à l’Organisation mondiale de la santé”, relève le Wall Street Journal. Officiellement, “ses frontières restant fermées”, il suffit, comme le martèlent les médias officiels, d’une “vigilance constante dans la campagne anti-épidémique du pays”.

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