Le comportement humain déjoue les modèles d’évolution du Covid-19

“Tous les modèles sont faux mais certains sont utiles”, selon la maxime. D’où l’intérêt de continuer de prévoir l’évolution de l’épidémie, malgré la difficulté d’anticiper les comportements des individus, explique The Times.

Faut-il s’attendre à 7 000 hospitalisations [de patients atteints du Covid-19] par jour en Angleterre d’ici à la fin du mois prochain [comme le redoute le Scientific Advisory Group for Emergencies (Sage), un comité scientifique] ? Le National Health Service [NHS, le système de santé publique] pourrait-il être bientôt deux fois plus sollicité qu’en janvier, malgré une couverture vaccinale de 80 % de la population adulte ?

Avant de répondre à ces questions, Graham Medley, professeur [en modélisation des maladies infectieuses] à l’École d’hygiène et de médecine tropicale de Londres (LSHTM), souhaiterait que l’on s’en pose une autre : le club de Burnley va-t-il gagner la Premier League [championnat de football britannique] ? “Si la plupart des gens, à part les supporters de Burnley, écartent cette possibilité, un bookmaker ne peut l’ignorer”, souligne-t-il.

Une estimation basse “beaucoup plus plausible”

C’est pourquoi il envisage 7 000 hospitalisations par jour, un chiffre qui impliquerait d’avoir au moins 10 fois le nombre de cas quotidiens enregistrés actuellement. “Il faudrait que beaucoup de choses peu probables se produisent”, reconnaît-il.

C’est pourtant ce chiffre, qu’en tant que bookmaker de la pandémie, il a présenté [le 14 septembre] au gouvernement, dans le cadre d’une estimation raisonnable haute de la situation dans laquelle nous pourrions nous trouver le mois prochain. C’est un nombre qui ne ferait pas seulement s’effondrer le NHS, mais qui l’anéantirait. L’estimation basse (un pic d’un peu moins de 2 000 admissions) serait, elle, gérable, et elle est “beaucoup plus plausible”, selon Neil Ferguson, le modélisateur de l’Imperial College.

Nous sommes tous des modélisateurs

Pourquoi, alors, fournir une estimation élevée ? Parce qu’il arrive que le club de Burnley gagne… Nous ne pouvons pas l’ignorer, estime Graham Medley, “notamment parce que ce serait une situation si catastrophique qu’il faut bien réfléchir à ce qui se passerait si nous finissions par en arriver là”.

Lorsque leur discipline est attaquée – comme c’est souvent le cas de nos jours –, les modélisateurs aiment rappeler que nous sommes tous des modélisateurs. Celui qui pense que la pandémie est terminée utilise un modèle mental, tout comme celui

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Tom Whipple

Lire l’article originalSur quels éléments s’appuient ces modélisations ?

Produire des projections à court terme des besoins hospitaliers pour les patients atteints du Covid-19 est “un exercice particulièrement difficile et incertain”, reconnaît l’unité de modélisation mathématique des maladies infectieuses de l’Institut Pasteur.

Plusieurs modèles mathématiques existent et s’appuient sur différents prédicteurs : des indices épidémiologiques (taux de positivité, hospitalisations, etc.), météorologiques et de mobilité (lieux de travail, fréquentation des commerces, etc.).

Les types de modèles utilisés varient également selon les pays, comme le soulignait l’an dernier la revue Science. Par exemple, l’usage des modèles compartimentaux – qui divisent la population en sous-groupes – est possible avec une population homogène, alors que les pays dont la population est hétérogène privilégient des modèles qui simulent les interactions quotidiennes entre les individus. Afin d’affiner leurs modélisations, les scientifiques effectuent également une moyenne des projections de plusieurs modèles.

Source

Le plus ancien des quotidiens britanniques (1785) et le plus connu à l’étranger appartient depuis 1981 à Rupert Murdoch. Il a longtemps été le journal de référence et la voix de l’establishment. Aujourd’hui, il a un peu perdu de son influence et les

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