Que se passe-t-il dans le cerveau pendant un effet placebo ?

Une analyse de l’activité cérébrale de sujets recevant de faux traitements contre la douleur révèle que les effets placebo ou nocebo sont associés à des activités neurologiques particulières, rapporte Science.

“Les scientifiques connaissent l’effet placebo depuis plus de quatre cents ans. En 1572, un philosophe français écrivait : ‘Il y a des hommes sur lesquels la simple vue de la médecine est opérante.’”

L’hebdomadaire américain Science s’intéresse à une étude parue le 25 octobre dans la revue Journal of Neuroscience. Menée sur 27 participants – 13 hommes et 14 femmes –, elle suggère que l’effet placebo, ainsi que son semblable négatif, l’effet nocebo, agit au sein du centre cérébral du traitement de la douleur.

Les chercheurs australiens ont appliqué sur le bras des cobayes une température ressentie comme modérément douloureuse à l’aide d’un appareil – un thermode. Ils ont par la suite enduit cette zone avec une crème analgésique, une crème censée renforcer la douleur ou une crème neutre, tout en annonçant aux participants le type de crème utilisée. En réalité, ces trois substances étaient de la vaseline, explique Science.

Étude par imagerie par résonance magnétique fonctionnelle

En parallèle, l’équipe a réalisé une imagerie par résonance magnétique (IRM) fonctionnelle cérébrale des volontaires, qui permet de mesurer en temps réel l’activité des aires du cerveau en détectant les changements de flux sanguins.

Lorsque les participants ayant reçu la crème “analgésique” indiquaient ressentir moins de douleur – preuve d’un effet placebo –, une hausse d’activité était mesurée dans la moelle ventromédiale rostrale, qui relaie les informations relatives à la douleur. Dans le même temps, la zone qui inhibe au contraire la douleur, la substance grise périaqueducale, voyait son activité diminuer. Dans le cas de l’effet nocebo, ces deux phénomènes étaient inversés.

Une étude rigoureuse à confirmer

Science explique ce paradoxe :

Ces résultats peuvent sembler contre-intuitifs, mais de multiples zones du tronc cérébral agissent de manière complexe lorsqu’il s’agit de créer la sensation de douleur, indiquent les auteurs.”

Selon Ted Jack Kaptchuk, professeur de médecine à la Harvard Medical School, qui n’a pas participé à l’étude, il s’agit d’une “contribution rigoureuse majeure dans le domaine”. Cependant, le scientifique insiste sur la nécessité de mener des études complémentaires afin de vérifier si ces résultats peuvent s’appliquer dans la vie réelle.

Source

Prestigieuse revue créée en 1848. Elle offre un panorama particulièrement fouillé et exhaustif de l’état et des débats de la science aux Etats-Unis et dans le reste du monde.
Le site reprend les sujets présentés dans l’hebdomadaire et met

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