Pour le PDG de Moderna, les vaccins actuels seront moins efficaces contre Omicron

Stéphane Bancel, le patron français de la firme qui produit l’un des vaccins à ARN messager, prédit une “perte significative” d’efficacité des vaccins actuellement proposés et estime qu’il faudra plusieurs mois avant de pouvoir produire à grande échelle un vaccin spécifique contre le nouveau variant.

“Je ne vois pas comment [les vaccins actuels] pourraient être aussi efficaces [contre le nouveau variant] que face au variant Delta. […] Je pense que la perte [d’efficacité] sera significative. Je ne peux pas la quantifier pour le moment, il faut attendre les données, mais tous les scientifiques avec qui j’ai échangé […] m’ont dit ‘ça ne s’annonce pas bien’.”

Stéphane Bancel

PDG de Moderna

Alors que certains responsables politiques et experts tentent de rassurer la population après la détection du variant Omicron, au départ en Afrique du Sud, le patron du laboratoire Moderna a fait des déclarations plutôt préoccupantes au Financial Times, qui l’a interviewé au siège de l’entreprise, à Cambridge, dans le Massachusetts. Assez pour pousser à la baisse indices boursiers et prix du pétrole mardi 30 novembre au matin.

Stéphane Bancel a expliqué que les scientifiques “étaient inquiets, car 32 des 50 mutations du nouveau variant sont localisées sur la protéine Spike”, celle qui est ciblée par les vaccins actuels, résume le quotidien britannique.

Le PDG français de la société de biotechnologies a également jugé qu’il faudrait plusieurs mois avant qu’un vaccin spécifique contre le variant Omicron puisse être produit à grande échelle, suggérant qu’il serait peut-être nécessaire d’ici là d’administrer des doses de rappel plus importantes aux personnes à risque. “[Moderna] et Pfizer ne pourront pas produire un milliard de doses pour la semaine prochaine, c’est impossible. Mais peut-on espérer voir ces doses d’ici à l’été ? Oui”, analyse Bancel.

Les pays riches pointés du doigt

Ces propos contrastent avec ceux de Scott Gottlieb, membre du conseil d’administration de Pfizer et ancien patron de l’Agence américaine de l’alimentation et du médicament (FDA), le régulateur fédéral. Ce dernier a déclaré à la chaîne de télévision CNBC : “Dans le milieu, les spécialistes sont relativement confiants quant au fait que les patients ayant reçu au moins trois doses bénéficieront d’une assez bonne protection contre ce variant.”

Dans l’entretien avec le Financial Times, Bancel a aussi répliqué aux détracteurs de Moderna, qui l’accusent de ne pas avoir assez contribué à la vaccination dans les pays en développement tels que l’Afrique du Sud. “C’était avant tout une volonté politique des pays riches. Aux États-Unis, nous n’avons pas eu d’autre choix que de réserver 60 % de notre production aux autorités américaines. Cette décision ne venait pas de Moderna, mais de Washington”, se défend-il.

Source

Fondé en 1888 sous le nom de London Financial Guide, un journal de quatre pages destiné “aux investisseurs honnêtes et aux courtiers respectables”, le Financial Times est aujourd’hui le quotidien financier et économique de

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