Telegram sous le feu des critiques

Une vaste opération a été lancée à l’encontre de militants antivaccins, ce mercredi 15 décembre, en Saxe. Dans le viseur des autorités, des propos haineux et des menaces violentes proférés sur l’application de messagerie cryptée, raconte la Frankfurter Allgemeine Zeitung.

La messagerie Telegram fait l’objet de critiques outre-Rhin, après le lancement d’une vaste opération policière, ce mercredi 15 décembre, à l’encontre de militants antivaccins présumés violents. Le groupe, intitulé “Dresden Offline Networking”, aurait notamment utilisé l’application cryptée pour diffuser des menaces de mort à l’encontre du ministre-président conservateur, Michael Kretschmer, et de plusieurs autres membres du gouvernement régional de Saxe.

“C’est désormais très clair : Telegram n’a aucun respect pour la république fédérale d’Allemagne”, commente Die Frankfurter Allgemeine Zeitung, pour qui le manque de réaction de l’entreprise face à ces propos haineux est problématique. La radicalisation des militants n’a pas été dévoilée par Telegram, mais par des journalistes de la chaîne ZDF, infiltrés au sein d’un groupe de discussion antimesures sanitaires. La firme basée à Dubaï n’a pas alerté les autorités allemandes.

Les déclarations de certains membres du groupe laissaient pourtant penser qu’“ils pourraient être en possession d’armes réelles et d’arbalètes”, selon la police de Saxe. Cette dernière soupçonne même “la préparation d’un crime violent grave qui menace l’État”.

Terrain de jeu de l’extrême droite

Pour le journal de Francfort, l’application est devenue “le terrain de jeu de l’extrême droite et des théoriciens du complot”. “Ce n’est pas comme si Telegram ne se souciait pas des contenus interdits”, précise le quotidien conservateur. L’entreprise a déjà alerté la police criminelle du pays lorsque des contenus de propagande islamiste étaient diffusés sur sa messagerie cryptée. “Mais elle épargne les milieux d’extrême droite.”

Les autorités allemandes soupçonnent certaines mouvances néonazies d’être liées aux mouvements antirestrictions sanitaires, particulièrement présents en Saxe. Elles s’inquiètent d’une “radicalisation” sur les réseaux sociaux et sur Telegram.

“Après une manifestation non autorisée [début décembre] devant le domicile de la ministre de la Santé de Saxe, Petra Köpping, le ministère de la Justice s’est engagé à agir contre les délits d’incitation à la haine”, assure Die Frankfurter Allgemeine Zeitung, qui rappelle que les lois contre les menaces en ligne ont été renforcées en avril. “Mais sur Telegram, la foule se déchaîne plus que jamais.”

Source

Fondée en 1949 et menée par une équipe de cinq directeurs, la FAZ, grand quotidien conservateur et libéral, est un outil de référence dans les milieux d’affaires et intellectuels allemands. Plus de 300 rédacteurs et 40 correspondants à l’

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