L’intenable régime de l’Anthropocène

Le régime alimentaire des pays les plus riches est cruel pour la planète, les animaux, et les consommateurs, observe The Economist. La science et les nouvelles technologies peuvent aider à fournir des aliments plus écologiques. Reste à savoir si les consommateurs le souhaitent.

“Dis-moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu es.” Dans un dossier consacré au “régime de l’Anthropocène” – “quand les désirs humains deviennent une force qui transforme la planète” – The Economist appelle à renverser la maxime du gastronome français Jean Anthelme Brillat-Savarin [1755-1826]. “Décider d’abord du genre de personne que vous voulez être, et du type d’exploitation des ressources que vous voulez incarner, puis changer le monde de manière à produire une alimentation correspondant à cette vision.”

Le régime alimentaire “hypercarné et incroyablement riche en choix qu’ont adopté les populations les mieux loties de la planète provoquerait la stupeur des générations précédentes”, observe le magazine britannique. Mais il a également un coût : ce régime est “cruel pour les animaux et ne tient compte ni de l’avenir des consommateurs ni de celui de la planète.”

“Et si le système pouvait changer ?” demande The Economist dans une série d’articles consacrés aux nouvelles technologies, outils de transformation du secteur agroalimentaire, capables non pas de maintenir les vieilles formes d’agriculture en les rendant moins cruelles et plus durables, mais de proposer des solutions complètement inédites.

“Les insectes et les algues sont désormais étudiés non seulement pour leur potentiel gustatif, mais comme un moyen de repenser les chaînes alimentaires. Des levures pourraient être programmées pour synthétiser des protéines. […] L’aquaculture utilisant l’eau salée souterraine promet de fournir des poissons et des fruits de mer frais à des populations vivant loin des côtes”, affirme le magazine.

Mais d’immenses obstacles subsistent, poursuit The Economist, alléché mais attentif à ne pas succomber à une “utopie incohérente et non viable, dopée à la néophilie et permettant à une poignée [de privilégiés] de consommer en préservant leur bonne conscience”. 

“C’est une chose que de produire des hamburgers in vitro, c’en est une autre de convaincre les gens de les manger, et c’en est encore une autre d’en produire des milliards à prix compétitif. L’agriculture verticale dans des tours est peut-être une bonne idée pour l’environnement, mais la culture sur champ reste beaucoup moins chère. […] Certaines technologies qui semblent aujourd’hui bénéfiques seront source de coûts et de dommages imprévus – exactement comme l’est la viande bon marché.”

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Grande institution de la presse britannique, The Economist, fondé en 1843 par un chapelier écossais, est la bible de tous ceux qui s’intéressent à l’actualité internationale. Ouvertement libéral, il défend généralement le libre-échange, la

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